Description
970 Mercedes-Benz 280SL Pagoda (W113)
Gris Arabie avec sellerie en cuir rouge
Toit rigide gris Arabie et toit souple gris clair
120 000 miles. Une occasion d’acquérir une voiture au superbe héritage et à l’histoire remarquable, pour l’améliorer et vous l’approprier — au plus haut niveau dans la hiérarchie de désirabilité des Pagoda. Cette exceptionnelle 280SL est finie en Gris Arabie avec cuir rouge, la couleur d’usine d’origine dans laquelle elle a été livrée en 1970.
Non seulement cette voiture a exactement l’allure de la Pagoda que les acheteurs recherchent, mais elle a aussi une belle histoire à raconter.
Notre récit commence dans le sud de l’Espagne, dans les années 1950, à l’époque où les avions du général Franco faisaient pleuvoir les bombes sur le Pays basque — une région qui s’étend du nord de l’Espagne jusqu’au coin sud-ouest de la France. Cette région farouchement indépendante abritait Vicente Guruceta Azcarrunz (1895-1964), fabricant d’armes sur mesure et représentant commercial pour un groupe de fabricants d’armes de tir sportif. Vicente voyageait beaucoup, et c’était aussi un homme de famille. Au moment où le conflit en Espagne les força à fuir, il était marié et père d’une fille et d’un jeune fils. Il profita de ses relations dans le négoce pour installer la famille de l’autre côté du monde, au Nicaragua.
Même s’il connut le succès dans ses affaires, sa vie privée allait prendre plusieurs tournants tragiques. Il perdit d’abord sa jeune épouse, emportée par le cancer, puis son fils, atteint d’une tumeur au cerveau.
Ne lui restait plus que sa fille, Juana Maria. Sa sécurité était la priorité absolue de Vicente. Après avoir échappé aux bouleversements politiques en Espagne, Vicente allait bientôt devoir affronter ses propres problèmes politiques au Nicaragua… Anastasio Somoza, fils du dictateur nicaraguayen, avait pris un intérêt particulier pour Juana. Vicente, fier homme raffiné issu de la lignée basque, n’allait pas l’accepter. Il voulait que Juana soit loin du Nicaragua : alors, après avoir chassé le jeune Anastasio de sa propriété avec un fusil, il envoya Juana se mettre à l’abri à la relative sécurité du Connecticut College for Women à New London.
Au Connecticut, Juana fit la connaissance de Monsieur Flagg, et il ne fallut pas longtemps avant qu’ils ne deviennent Monsieur et Madame Flagg. Tous deux étaient passionnés de chevaux, et c’est en 1970, le jour où nous faisons d’abord connaissance avec cette 280SL Gris Arabie. Ce jour-là coïncidait aussi avec l’anniversaire de Juana : la fête se passait dans un concours hippique local, bien qu’aucun cadeau ne sembla s’annoncer. En fait, il semblait que Monsieur Flagg ait complètement oublié l’importance de la date, laissant la malheureuse Madame Flagg, visiblement décontenancée, déclarer se sentir « le moral dans les chaussettes »… Tout changea quand le couple se rendit à l’écurie : à la place des chevaux, celle-ci était vide. Occupant l’écurie se trouvait alors un magnifique coupé/ roadster de sport Mercedes-Benz, un élégant roadster fini dans cette belle nuance de gris, connu sous le nom de Gris Arabie… comme un cheval arabe, avec en prime le rare option d’un toit souple gris assorti. Madame Flagg baptisa affectueusement le pur-sang allemand « the Grey Mare ».
Madame Flagg décrivait souvent la voiture comme son « tout premier coup de cœur », et elle la conserva pendant de longues années. Pendant son époque à son volant, la voiture était entretenue par le mécanicien qui s’occupait aussi de l’avion privé de la famille. Madame Flagg aimait réellement cette voiture, s’en séparant seulement après de nombreuses années de bonheur à ses côtés.
Un deuxième propriétaire (lui aussi au Connecticut), puis un troisième (au Massachusetts) prirent également plaisir au « Grey Mare », avant qu’il ne soit acquis par un certain Monsieur Kim, venu de New York. En tant que grand passionné Mercedes-Benz, Monsieur Kim connaissait un peu la valeur d’une belle Pagoda : il était président du US W113 Owners Club. Fasciné par l’histoire de Juana et par celle de la voiture, et par la manière dont les deux avaient fini par se retrouver, il lui a offert une vie choyée, en la faisant exposer lors d’événements locaux : elle devint bien connue parmi les passionnés du modèle.
En 2003, Monsieur Kim se sépara du Grey Mare. Il fut alors acheté par une autre jeune dame au goût sûr pour l’automobile : Nicola Colley. Malheureusement, sous sa propriété, la voiture subit une panne moteur catastrophique, si bien qu’il fallut trouver et construire un moteur de remplacement identique pour se rapprocher au maximum des spécifications d’origine. Cette 280SL a roulé régulièrement jusqu’en 2011, date à partir de laquelle débuta un processus de restauration minutieux. Un projet complet « du métal à la vis » a été lancé : comprenant une reprise de peinture à nu, ainsi qu’une révision de toute la partie mécanique. La carrosserie a été confiée à Denny Lal, multiple vainqueur de concours, et le placage a été finalisé par London Carriage Limited. La peinture à nu et la finition ont bien sûr été refaites une nouvelle fois dans ce magnifique Gris Arabie, rehaussé par un toit en tissu gris très rare et tout à fait spécial.
La voiture recherche désormais un nouveau gardien, quelqu’un qui saura aimer et adorer cette voiture de la même façon que Madame Flagg. Après tout, elle trône aujourd’hui, fièrement, dans exactement le même état (sinon meilleur) que le jour où elle l’a aperçue pour la première fois, stationnée dans l’écurie en arrière-plan en 1970.
Une voiture vraiment formidable, avec une histoire exceptionnelle : une Pagoda 280SL à ne pas manquer.

























